Le fauteuil en rotin dit « fauteuil Emmanuelle » doit son nom à une seule scène de cinéma : l’affiche du film érotique Emmanuelle (1974), où Sylvia Kristel pose dans un fauteuil en fibres tressées au dossier en éventail. L’objet, lui, est bien plus ancien que le film — et son origine réelle est moins exotique qu’on ne le raconte souvent.
- Popularisé aux États-Unis dès la fin du XIXe siècle, il devient un objet-trône associé à des figures publiques bien avant 1974.
- Le film Emmanuelle de Just Jaeckin (1974), avec Sylvia Kristel, en fait une icône de la culture populaire française.
- On le reconnaît à son dossier tressé en forme d’éventail et à son assise basse en demi-lune — pas à une marque ou un créateur précis, resté anonyme.
La naissance d’un symbole : du rotin à la pellicule #
Contrairement à une idée reçue qui circule sur le web, le fauteuil ne vient pas des colonies françaises du Pacifique. Son origine documentée est celle du peacock chair (« fauteuil paon ») : un fauteuil en rotin tressé conçu par des détenus de la prison de Bilibid, à Manille, aux Philippines, dans les ateliers d’artisanat mis en place durant la période coloniale américaine du début du XXe siècle. Les pièces étaient vendues aux touristes directement à la prison. L’objet gagne en notoriété aux États-Unis après l’exposition universelle de Philadelphie de 1876, puis se diffuse dans les intérieurs occidentaux tout au long du XXe siècle grâce à sa silhouette reconnaissable : un dossier tressé déployé en éventail, évoquant la roue d’un paon.
Aucun designer nommé n’est associé à sa création : c’est un objet d’artisanat collectif, pas la pièce signée d’un architecte ou d’un ébéniste identifié — à la différence d’un fauteuil de designer classique. C’est justement cette neutralité de trône improvisé qui en a fait, bien avant Sylvia Kristel, un accessoire de studio photo prisé pour poser des personnalités : le militant Huey P. Newton y est photographié en 1967, et l’objet apparaît déjà dans plusieurs films avant même Emmanuelle.
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C’est en 1974, lors de la sortie du film Emmanuelle, réalisé par Just Jaeckin sur un scénario de Jean-Louis Richard d’après le roman d’Emmanuelle Arsan, que ce fauteuil devient définitivement « le fauteuil Emmanuelle » dans l’imaginaire français. L’affiche, où Sylvia Kristel pose dans le fauteuil tressé, propulse l’objet sur la scène mondiale. Le film, tourné en partie à Bangkok, attire près de neuf millions de spectateurs en France — un score record pour un film érotique de l’époque, certaines sources évoquant même cent cinquante millions d’entrées dans le monde.
Le fauteuil et la sensualité : décodage d’une mise en scène #
Ce que le film a réellement inventé, ce n’est pas l’objet mais sa mise en scène. Sylvia Kristel, éclairée en contre-jour, allongée dans le dossier enveloppant du fauteuil, compose une image devenue culte de l’érotisme des années 1970 au cinéma français. La géométrie du dossier — ce grand éventail de rotin qui encadre le corps comme un halo — transforme un siège de studio en décor à part entière.
Effet culte et réinventions contemporaines #
L’influence du fauteuil déborde largement le film de 1974. Bien avant même Emmanuelle, il apparaît déjà comme accessoire de mode et de portrait dans les années 1960-1970. Depuis, il reste un accessoire récurrent des séances photo mode et des scénographies évoquant liberté et affirmation de soi — une association d’image qui tient moins à un designer précis qu’à sa silhouette immédiatement reconnaissable.
La franchise Emmanuelle elle-même a connu plusieurs suites, puis une nouvelle adaptation en 2024 signée Audrey Diwan, avec Noémie Merlant dans le rôle-titre — un film qui déplace l’intrigue à Hong Kong et n’a pas repris le décor du fauteuil original ; c’est le personnage, pas l’objet, qui traverse cette nouvelle version.
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Le fauteuil Emmanuelle : objet de design et de collection #
Cette charge symbolique a fait du peacock chair un objet recherché sur le marché du mobilier vintage : on en trouve régulièrement sur des plateformes spécialisées dans le design d’occasion, sous les appellations « peacock chair », « fauteuil paon » ou « fauteuil Emmanuelle ». Nous n’avons pas de fourchette de prix fiable et vérifiée à donner : la cote varie fortement selon l’âge, l’état du tressage et la provenance de la pièce, une donnée que seule une expertise au cas par cas peut établir.
| Repère | Ce qui le distingue |
|---|---|
| Matériau | Rotin ou osier tressé à la main, structure légère sur une armature courbée. |
| Reconnaître un modèle ancien | Tressage irrégulier fait main, patine du rotin qui a jauni, traces d’usure sur l’assise plutôt qu’un vernis uniforme. |
| Entretien du rotin | Éviter le plein soleil direct (le rotin se dessèche et se fend), dépoussiérer à la brosse douce, réhumidifier légèrement en cas de fibres cassantes. |
L’influence du cinéma érotique sur la perception des objets #
Le fauteuil Emmanuelle illustre un phénomène plus large : un objet du quotidien qui devient icône culturelle après une seule apparition marquante à l’écran, sans que rien ne change à sa fabrication d’origine — seul le regard porté sur lui change.
- Le fauteuil Emmanuelle est un peacock chair, né aux Philippines au début du XXe siècle — pas un objet créé pour le film.
- Il doit son surnom au film Emmanuelle (1974) de Just Jaeckin, avec Sylvia Kristel.
- Aucun créateur n’est identifié : c’est un objet d’artisanat collectif, pas une pièce de designer signée.
- On le reconnaît à son dossier tressé en éventail et son assise basse — pas à une marque.
- Le rotin craint le plein soleil : c’est le premier réflexe d’entretien à avoir pour préserver un modèle ancien.
Le fauteuil Emmanuelle est-il le même objet que le « fauteuil paon » ?
Qui a inventé le fauteuil Emmanuelle ?
Le fauteuil vient-il de Tahiti ou de Polynésie française ?
Comment reconnaître un vrai fauteuil paon ancien ?
Comment entretenir un fauteuil en rotin de ce type ?
Sources : Wikipédia (« Peacock chair » et « Emmanuelle », films de 1974 et 2024) pour les faits historiques et filmographiques cités ci-dessus.